- Le CDP note d'abord la qualité de vos données d'émissions, avant l'ambition : inventaire scopes 1, 2 et scope 3 significatif, méthodologie et facteurs tracés.
- Plusieurs critères essentiels touchent directement le bilan : vérification tierce, existence d'un plan de transition, rythme de l'objectif de réduction.
- La vérification rapporte des points dès les premiers niveaux, et débloque le niveau Leadership (95 % des scopes 1-2 et une catégorie de scope 3).
- Le critère du plan de transition est accessible : un plan aligné sur une trajectoire de température, ou l'engagement d'en développer un sous deux ans, suffit.
Quelles données carbone le CDP attend-il ?
Six éléments, dans cet ordre d'importance.
- Un inventaire des émissions couvrant les scopes 1 et 2, et les postes significatifs du scope 3.
- La méthodologie retenue, les facteurs d'émission utilisés et leur source, ainsi qu'une année de référence stable.
- Les hypothèses faites sur les postes estimés ou manquants, explicitées plutôt que masquées.
- Des objectifs de réduction chiffrés et datés.
- Un plan de transition qui traduit ces objectifs en actions, moyens et réductions attendues.
- Une vérification des données par un tiers, attendue pour accéder aux niveaux les plus élevés.
Pour le fonctionnement général du CDP, ses domaines et son calendrier, voir CDP : définition, rôle et fonctionnement. Pour la mécanique de notation, voir l'analyse du score CDP.
Comment préparer ses données carbone pour le CDP ?
En travaillant la donnée bien avant d'ouvrir le questionnaire. La séquence utile :
- Réaliser un bilan couvrant les scopes 1, 2 et les postes significatifs du scope 3, avec des facteurs traçables. La méthode est dans notre article sur comment calculer son bilan carbone.
- Documenter la méthodologie, les sources et les hypothèses, poste par poste.
- Fixer un objectif de réduction et construire un plan de transition cohérent.
- Organiser la collecte auprès de vos fournisseurs prioritaires, pour solidifier le scope 3.
- Envisager la vérification par un tiers, une fois l'inventaire complet et stable.
Le point d'attention est la constance. Des données comparables d'une année sur l'autre, sur une méthodologie inchangée, valent mieux qu'un bilan brillant impossible à rapprocher de l'exercice précédent.
Faut-il déclarer le scope 3 au CDP ?
Dès qu'il est significatif, et il l'est pour la plupart des entreprises. Le CDP publie une note technique consacrée à la pertinence des catégories de scope 3 par secteur, mise à jour en avril 2026. Sur l'échantillon étudié, le scope 3 représente en moyenne 75 % du total des émissions des scopes 1, 2 et 3, et grimpe autour de 90 % dans les biens d'équipement.
Le même document apporte une nuance que peu de monde reprend : ce n'est pas universel. Dans le ciment, l'essentiel des émissions reste sur les scopes 1 et 2. D'où l'intérêt de partir de cette note plutôt que d'une moyenne générale : elle indique, secteur par secteur, quelles catégories de scope 3 le CDP considère comme pertinentes et attend de vous voir déclarer. Un inventaire qui laisse de côté une catégorie jugée pertinente pour votre secteur se lit comme partiel, quelle que soit sa qualité par ailleurs.
Le scope 3 est aussi le poste où l'effort paie le plus : c'est là que se trouvent vos gisements de réduction, et c'est ce que vos clients cherchent quand ils vous interrogent, puisque vos émissions constituent leur propre scope 3.
Quels sont les critères essentiels du volet climat ?
Le CDP applique des critères dits essentiels (essential criteria) : les exigences spécifiques qui débloquent l'accès au niveau supérieur. Ils interviennent aux niveaux Awareness, Management, Leadership et liste A, et tous les critères d'un niveau doivent être satisfaits pour progresser vers le suivant. Le mécanisme est expliqué dans l'analyse du score CDP.
Le CDP publie ces critères et leurs seuils chaque année, dans un document dédié : le CDP Climate Change Scoring Essential Criteria. Il en liste une trentaine, codés, dont certains propres à un secteur. Trois touchent directement votre bilan carbone.
La vérification de vos émissions. Aucun critère essentiel n'est appliqué aux niveaux Awareness et Management, ce qui ne veut pas dire que la vérification n'y sert à rien : elle rapporte des points via les questions qui lui sont consacrées. Elle conditionne en revanche l'accès au niveau Leadership, où au moins 95 % de vos émissions déclarées de scopes 1 et 2, ainsi qu'au moins une catégorie de scope 3, doivent être vérifiées ou assurées par un tiers. Ce n'est qu'au niveau liste A que le seuil monte à 100 % des scopes 1 et 2 et à au moins 70 % des émissions de scope 3 déclarées.
Le plan de transition. Le critère essentiel est plus accessible qu'on ne le croit : il suffit de disposer d'un plan de transition climat aligné sur une trajectoire de température, ou, à défaut, de déclarer l'intention d'en développer un dans les deux ans. L'absence de plan n'est donc pas rédhibitoire si l'engagement est pris. La qualité du plan, elle, est notée ailleurs dans le questionnaire, et sa supervision relève des questions de gouvernance.
L'objectif de réduction. Aux niveaux les plus élevés, un objectif portant sur les scopes 1 et 2 doit représenter au moins 4,2 % de réduction absolue par an entre l'année de référence et l'année cible. C'est le rythme correspondant à une trajectoire 1,5 °C.
Retenez la mécanique : il faut satisfaire tous les critères essentiels d'un niveau pour accéder au suivant, quel que soit le nombre de points accumulés ailleurs. Les seuils évoluent d'un cycle à l'autre, et le document du CDP fait foi.
Faut-il faire vérifier ses données d'émissions ?
Oui, et il faut distinguer deux niveaux différents.
La vérification rapporte des points. Des questions du questionnaire lui sont consacrées et elles sont notées : faire vérifier ses émissions fait gagner des points, y compris au niveau Management, avant même de viser le haut du classement.
Elle débloque ensuite les paliers hauts. Aucun critère essentiel de vérification ne s'applique aux niveaux Awareness et Management. Au Leadership, elle conditionne le passage : au moins 95 % de vos émissions déclarées de scopes 1 et 2 et au moins une catégorie de scope 3 vérifiées par un tiers. Pour la liste A, la barre monte à 100 % des scopes 1 et 2 et au moins 70 % du scope 3 déclaré.
Deux conséquences pratiques. La vérification rapporte des points dès les premiers niveaux, mais elle ne remplace pas un critère essentiel satisfait ailleurs : si votre inventaire est incomplet, complétez-le d'abord. Et le seuil de la liste A produit un effet contre-intuitif, plus votre scope 3 déclaré est large, plus la couverture de vérification à financer est importante.
Qu'attend le CDP d'un plan de transition ?
Moins que ce qu'on imagine, au titre du critère essentiel. Il suffit de disposer d'un plan de transition climat aligné sur une trajectoire de température, ou de déclarer l'intention d'en développer un dans les deux ans. Autrement dit, une entreprise qui n'a pas encore de plan mais s'engage à en produire un ne se voit pas bloquer pour ce motif.
Cela ne veut pas dire que le plan ne compte pas. Sa qualité est notée dans le questionnaire, et la supervision du sujet est évaluée par les questions de gouvernance : qui, dans l'organisation, porte la responsabilité de mettre en œuvre le plan de transition. Un objectif sans plan reste une intention, et le CDP le lit comme tel. La construction du document, ses composantes et son suivi sont traités dans notre article sur le plan de transition.
L'engagement fournisseurs, angle mort du scope 3
C'est lui qui conditionne la crédibilité de votre scope 3, et il est mesurable. Selon BCG et le CDP en juin 2024, les entreprises qui engagent leurs fournisseurs sur le climat sont près de 7 fois plus susceptibles d'avoir un objectif scope 3 et un plan de transition aligné 1,5 °C. Autrement dit, la campagne de collecte que vous menez auprès de vos fournisseurs ne sert pas qu'à remplir des cases : elle est corrélée à tout le reste du dossier.
Le même rapport donne la mesure du terrain laissé libre : seules 15 % des entreprises déclarant au CDP s'étaient fixé un objectif de réduction sur leur scope 3. C'est le poste le moins piloté, donc celui où un dossier sérieux se distingue le plus vite.
Pour la démarche de progression dans son ensemble, au-delà du seul carbone, voir les 7 étapes pour obtenir un bon score CDP.
Si vous êtes aussi soumis au bilan réglementaire français, une partie de votre réponse existe déjà. Nous détaillons ce qui se recoupe et ce qui manque dans notre article sur le CDP, le bilan carbone et le BEGES.
Préparez vos données carbone avec Ditto
Le CDP récompense la donnée structurée et traçable, pas les bonnes intentions. Ditto centralise votre bilan carbone en une source unique, couvre les scopes 1, 2 et 3, conserve la trace des facteurs et de leurs versions, et relie vos objectifs à un plan de transition suivi d'année en année. C'est exactement la matière que le questionnaire réclame. Un coach dédié repère les manques qui affaiblissent votre dossier et structure les campagnes de collecte auprès de vos fournisseurs prioritaires. Ditto est Accredited Solutions Provider du CDP ; l'accompagnement s'appuie donc sur une pratique reconnue du référentiel. Ce qui fait progresser un score, ce sont des données solides et une méthodologie tenue dans le temps.
Solidifiez vos données carbone avant le CDP
Un expert Ditto fait le point sur votre inventaire, votre scope 3 et ce qu'il manque à votre dossier.
Attentes du CDP sur le carbone : ce qu'il faut retenir
| Élément | Ce que le CDP attend |
|---|---|
| Périmètre | Scopes 1, 2 et catégories de scope 3 jugées pertinentes pour votre secteur par le CDP |
| Traçabilité | Méthodologie, facteurs, sources, année de référence stable |
| Hypothèses | Postes estimés explicités, pas masqués |
| Objectifs | Réduction chiffrée et datée ; au moins 4,2 % de baisse absolue par an sur les scopes 1 et 2 pour les niveaux élevés |
| Plan de transition | Un plan aligné sur une trajectoire de température, ou l'engagement d'en produire un sous deux ans |
| Vérification | Rapporte des points dès le Management ; conditionne le Leadership (95 % des scopes 1-2 et une catégorie de scope 3), puis 100 % et 70 % du scope 3 en liste A |
| Critères essentiels | Les satisfaire tous à un niveau débloque l'accès au suivant |
| Constance | Données comparables d'une année sur l'autre |
Questions fréquentes
Quelles données carbone faut-il fournir au CDP ?
Un inventaire couvrant les scopes 1, 2 et les postes significatifs du scope 3, la méthodologie et les facteurs d'émission utilisés avec leurs sources, une année de référence stable, les hypothèses faites sur les postes estimés, des objectifs de réduction chiffrés et un plan de transition. La vérification par un tiers intervient ensuite.
Faut-il déclarer le scope 3 au CDP ?
Dès qu'il est significatif, ce qui est le cas de la plupart des entreprises. La note technique du CDP sur la pertinence des catégories de scope 3 par secteur (avril 2026) situe le scope 3 à 75 % en moyenne du total des scopes 1, 2 et 3, et jusqu'à environ 90 % pour les biens d'équipement, avec des exceptions comme le ciment. Elle indique surtout, secteur par secteur, les catégories que le CDP attend de vous voir déclarer.
Faut-il faire vérifier son bilan carbone pour le CDP ?
C'est encouragé à deux niveaux. La vérification rapporte des points dès les premiers paliers, via les questions qui lui sont consacrées. Et elle devient un critère essentiel au niveau Leadership : au moins 95 % des scopes 1 et 2 déclarés et au moins une catégorie de scope 3 vérifiés par un tiers, puis 100 % des scopes 1 et 2 et au moins 70 % du scope 3 déclaré pour la liste A. Elle ne remplace pas pour autant un inventaire complet : commencez par le périmètre.
Quels sont les critères essentiels du CDP sur le climat ?
Ce sont les exigences spécifiques qui débloquent l'accès au niveau supérieur. Elles interviennent aux niveaux Awareness, Management, Leadership et liste A : tous les critères d'un niveau doivent être satisfaits pour accéder au suivant. Côté carbone, elles portent sur la vérification des émissions, sur l'existence d'un plan de transition aligné sur une trajectoire de température ou l'engagement d'en produire un sous deux ans, et sur le rythme de l'objectif de réduction (au moins 4,2 % de baisse absolue annuelle sur les scopes 1 et 2 pour les niveaux élevés). Attention à ne pas confondre : un élément peut rapporter des points sans être un critère essentiel, c'est le cas de la vérification en dessous du Leadership. Le CDP publie ces seuils chaque année et les révise ; son document fait foi.
Le plan de transition est-il obligatoire pour le CDP ?
Pas au sens strict. Le critère essentiel est satisfait si vous disposez d'un plan de transition aligné sur une trajectoire de température, ou si vous déclarez l'intention d'en développer un dans les deux ans. Ne pas avoir de plan ne bloque donc pas votre progression, à condition de prendre l'engagement. La qualité du plan et la gouvernance associée sont notées ailleurs dans le questionnaire.
Un bilan carbone suffit-il pour répondre au CDP ?
Non. Il constitue une base importante pour obtenir une bonne note, mais le CDP évalue aussi votre gouvernance, vos risques climatiques, vos objectifs, votre plan de transition et l'engagement de vos fournisseurs. Le bilan répond à une partie des questions, la démarche climat au reste.

