Comment réduire son empreinte carbone ?
En agissant sur les postes que le bilan a révélés comme les plus lourds. Un bilan carbone sans plan d'action, c'est un diagnostic sans traitement. Une fois vos émissions mesurées et hiérarchisées, les leviers dépendent de votre profil d'émissions :
- énergie et bâtiments : sobriété, efficacité, passage à des sources bas carbone ;
- déplacements et transport : report modal, optimisation logistique, véhicules moins émetteurs ;
- achats et fournisseurs : choix de fournisseurs moins carbonés, écoconception, allongement de la durée de vie ;
- produits vendus : réduire l'impact à l'usage et en fin de vie.
Le plus gros gisement se trouve le plus souvent dans le scope 3, donc chez vos fournisseurs et dans l'usage de vos produits. Pour le cadre général, repartez du bilan carbone d'une entreprise.
Comment prioriser les actions de réduction ?
En croisant deux critères : le poids du poste dans votre empreinte et l'effort nécessaire pour agir. C'est l'approche pragmatique que nous appliquons chez Ditto. Dans la plupart des bilans, la logique 80/20 se vérifie : une petite part des postes concentre l'essentiel des émissions. On croise donc chaque poste lourd avec l'effort qu'il demande, et on démarre par les gains les plus accessibles (fort impact, effort raisonnable), avant de s'attaquer aux postes lourds mais plus difficiles, en laissant de côté les postes marginaux. Cette hiérarchisation vient directement du bilan : sans mesure, on disperse ses efforts sur des actions visibles mais peu efficaces.
Comment fixer un objectif de réduction crédible ?
Un objectif crédible est chiffré, daté et aligné sur la science, pas une intention vague. Concrètement, il fixe un pourcentage de réduction des émissions à une échéance donnée (souvent 2030), en cohérence avec les trajectoires climatiques internationales. C'est ce qui distingue un engagement sérieux d'une déclaration de neutralité mal fondée, un sujet à manier avec prudence pour éviter le greenwashing, traité dans neutralité carbone, net zéro et compensation.
La référence pour cadrer cet objectif est le SBTi.
Qu'est-ce que le SBTi ?
Le SBTi (Science Based Targets initiative) est l'initiative internationale qui valide les objectifs climatiques des entreprises au regard de la science, sur la base des travaux du GIEC et de l'Agence internationale de l'énergie. Il propose une méthode générale, commune à tous les secteurs (dite trajectoire intersectorielle), et des critères spécifiques pour les secteurs très émetteurs comme le ciment ou l'acier. La méthode générale suffit à la plupart des entreprises : selon le SBTi, 90 % de celles qui fixent un objectif fondé sur la science l'utilisent.
Le SBTi distingue deux horizons, complémentaires.
Le court terme (near-term). C'est le socle et le point de départ obligatoire : une réduction sur les 5 à 10 prochaines années. L'objectif doit couvrir au moins 95 % de vos émissions directes (scopes 1 et 2). Si votre scope 3 dépasse 40 % de vos émissions totales, vous devez aussi fixer un objectif sur ce périmètre, couvrant au moins 67 % de vos émissions de scope 3.
Le net zéro (long terme). Il prolonge le court terme : réduire d'au moins 90 % vos émissions sur toute la chaîne de valeur d'ici 2050 au plus tard, puis neutraliser le reliquat (moins de 10 %) par des absorptions permanentes de carbone. Le net zéro n'est donc pas de la compensation : on réduit d'abord massivement, on ne neutralise que la part résiduelle incompressible.
Le court terme reste un passage obligé vers le net zéro. Le SBTi indique par ailleurs que 91 % des entreprises engagées estiment que leur objectif a eu un effet positif sur leur activité (réputation, stratégie, performance à long terme).
Comment construire sa trajectoire concrètement ?
Une trajectoire ne se décrète pas d'un coup, elle se construit par itérations. La méthode pratique :
- Partir de votre bilan et de l'objectif court terme visé, c'est-à-dire le pourcentage de réduction à atteindre.
- Lister des actions de réduction sur vos postes prioritaires, et estimer l'impact attendu de chacune en tCO2e.
- Cumuler ces impacts et comparer le total à la trajectoire visée : êtes-vous aligné, en dessous, au-dessus ?
- Ajuster : ajouter, renforcer ou retirer des actions jusqu'à couvrir l'objectif court terme, puis prolonger le raisonnement vers le net zéro.
C'est un aller-retour permanent entre les actions et la cible, pas un plan figé. On affine chaque année, à mesure que les actions produisent leurs effets réels et que les postes évoluent.
Une PME peut-elle s'engager dans le SBTi ?
Oui. Le SBTi prévoit une voie dédiée aux petites et moyennes entreprises pour faire valider leurs objectifs, plus simple que le parcours des grands groupes. Une PME n'a donc pas besoin d'attendre d'être un grand émetteur pour fixer une trajectoire crédible. C'est même souvent un atout commercial : vos donneurs d'ordre, eux, cherchent à réduire leur propre scope 3, dont vos émissions font partie.
Construisez votre trajectoire avec Ditto
Réduire ne s'improvise pas : il faut relier la mesure, les actions et l'objectif sur une même feuille de route, et suivre l'écart chaque année. Ditto part de votre bilan, fait ressortir les postes prioritaires, structure votre plan d'action et suit votre trajectoire dans le temps. Pour vous inspirer, Ditto met à disposition une bibliothèque d'actions de réduction, consultable pendant vos projets : vous y voyez ce qu'ont mis en place d'autres entreprises, de votre secteur comme d'ailleurs, et vous partez de cas concrets plutôt que d'une page blanche. Un coach dédié vous transmet la méthode pour que vous soyez autonome au cycle suivant. Et au démarrage, une plateforme comme Ditto fait gagner du temps, mais un bilan bien fait et trois actions prioritaires pèsent déjà plus qu'un objectif affiché sans plan.
Fixez une trajectoire de réduction crédible
Un expert Ditto vous aide à prioriser vos actions et à cadrer un objectif aligné sur la science.
L'essentiel à retenir
| Étape | Ce que vous faites |
|---|---|
| Mesurer | Bilan carbone pour révéler les postes lourds |
| Prioriser | Croiser poids du poste et effort d'action (logique 80/20) |
| Objectif | Chiffré, daté, aligné sur la science (souvent 2030) |
| Trajectoire | Cadrer via le SBTi : court terme (5-10 ans) puis net zéro (-90 % d'ici 2050) |
| Suivi | Construire par itérations, mesurer l'écart chaque année, ajuster le plan |
Questions fréquentes
Quels sont les leviers pour réduire son empreinte carbone ?
Ils dépendent de votre profil d'émissions : sobriété et efficacité énergétique, report modal et optimisation des transports, choix de fournisseurs et écoconception sur les achats, réduction de l'impact des produits à l'usage et en fin de vie. Le plus gros gisement est souvent dans le scope 3.
Qu'est-ce que le SBTi ?
La Science Based Targets initiative, l'initiative internationale qui valide les objectifs climatiques des entreprises au regard de la science, sur la base des travaux du GIEC et de l'AIE. Elle distingue les objectifs à court terme (5 à 10 ans) et les objectifs de net zéro (d'ici 2050 au plus tard).
Comment fixer un objectif de réduction 2030 ?
En définissant un pourcentage de réduction daté et cohérent avec les trajectoires climatiques internationales, à partir de votre année de référence. Le SBTi fournit le cadre pour qu'il soit aligné sur la science, plutôt qu'un chiffre choisi au hasard.
Quelle différence entre objectif court terme et net zéro ?
L'objectif court terme (near-term) fixe une réduction sur les 5 à 10 prochaines années et couvre au moins 95 % des scopes 1 et 2 (plus un objectif scope 3 si celui-ci dépasse 40 % du total). L'objectif net zéro va plus loin : réduire d'au moins 90 % les émissions sur toute la chaîne de valeur d'ici 2050, puis neutraliser le reliquat par des absorptions permanentes. Le court terme est un passage obligé vers le net zéro.
Une PME peut-elle s'engager dans une trajectoire SBTi ?
Oui, le SBTi prévoit une voie dédiée aux PME, plus simple que le parcours des grands groupes. C'est souvent un atout commercial, car vos clients cherchent à réduire leur propre scope 3, dont vos émissions font partie.
