VSME

VSME : comprendre le standard européen de reporting de durabilité pour les PME

La RSE n'est plus réservée aux grandes entreprises cotées. Avec le déploiement de la CSRD et ses effets en cascade sur les chaînes de valeur, les PME se retrouvent de plus en plus sollicitées pour rendre compte de leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. Le VSME est né pour répondre précisément à ce besoin : un cadre volontaire, calibré à la réalité des petites et moyennes structures, sans la lourdeur administrative d'un reporting réglementaire.

5 March 2026
Ugo Le Borgne

Directeur de l'activité ESG

Standard VSME : reporting de durabilité volontaire pour les PME européennes
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Qu'est-ce que la norme VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs) ?

Définition du standard VSME

Le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs) est un cadre de reporting de durabilité volontaire, conçu spécifiquement pour les PME non cotées. Publié par l'EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) fin 2024, il permet à ces entreprises de structurer et de communiquer leurs données ESG selon un référentiel reconnu au niveau européen.

Contrairement à la CSRD qui impose plusieurs centaines de points de données à reporter, le VSME repose sur environ 60 indicateurs ESG pour son module de base — soit environ 10 fois moins. Il n'y a pas de format de rapport imposé, pas d'audit obligatoire, et il peut être produit à n'importe quel moment de l'année sur une année de référence choisie librement.

Bon à savoir : Le VSME n'attribue aucun score. L'objectif est de publier un rapport clair et transparent, où l'information est facile à trouver et qui structure le reporting ESG de l'entreprise. Ce n'est pas un outil de notation — c'est un outil de lisibilité.

Objectifs du reporting de durabilité pour les PME

Le VSME poursuit plusieurs objectifs concrets pour les PME :

  • Améliorer le reporting sur les enjeux RSE et encourager la transition durable des entreprises
  • Fournir un cadre accessible pour initier une démarche ESG structurée, sans exiger de stratégie RSE préalable
  • Permettre aux entreprises de répondre aux demandes croissantes de leurs partenaires commerciaux, financiers et investisseurs, via un référentiel commun
  • Aider à anticiper les futures exigences réglementaires en matière de durabilité

Il s'adresse aussi bien aux entreprises qui n'ont jamais formalisé leur démarche RSE qu'à celles qui collectent déjà des données ESG — via EcoVadis par exemple — mais ne disposent pas encore d'un rapport structuré à partager avec leurs parties prenantes.

Origine du standard : rôle de l'EFRAG et de la Commission européenne

Le VSME a été développé par l'EFRAG — l'organisme européen qui a également conçu les normes ESRS de la CSRD. Ce n'est pas un hasard : la méthodologie du VSME est directement alignée sur les attentes de la réglementation européenne, ce qui lui confère une crédibilité et une robustesse réelles.

L'Union Européenne travaille sur ce standard depuis 2023. La norme VSME a été finalisée par l'EFRAG et officiellement remise à la Commission européenne le 17 décembre 2024. Elle a ensuite été adoptée sous forme de recommandation officielle par la Commission européenne le 30 juillet 2025 — une étape qui ancre définitivement le VSME comme standard de référence pour le reporting volontaire des PME en Europe. Son référentiel est public, gratuit et téléchargeable directement sur le site de l'EFRAG.

Lien entre VSME, CSRD et stratégie ESG européenne

Le VSME s'inscrit dans la continuité de la stratégie ESG européenne portée par le Green Deal. Il couvre les mêmes thématiques que la CSRD — environnement, social, gouvernance — mais dans une version allégée et proportionnée aux capacités des PME.

Avec l'adoption d'Omnibus I par le Conseil de l'UE le 24 février 2026, le périmètre de la CSRD a été réduit de ~49 000 à ~1 000 entreprises. De nombreuses PME initialement dans le scope s'en retrouvent désormais exclues ou en attente. Mais les pressions commerciales et les attentes des parties prenantes, elles, ne disparaissent pas. La CSRD n'est pas annulée : elle est ajustée. Les seuils ont changé, pas la trajectoire de fond. C'est précisément là qu'intervient le VSME : comme réponse pragmatique, normée et légère.

Pourquoi le standard VSME a été créé

La pression de la CSRD sur les chaînes de valeur

La CSRD impose aux grandes entreprises soumises à ce reporting de collecter des données ESG tout au long de leur chaîne de valeur — ce qui inclut leurs fournisseurs et partenaires, pour la plupart des PME. Concrètement, 78 % des fournisseurs sont déjà sollicités sur les sujets RSE par leurs donneurs d'ordre.

Le problème : ces PME n'étaient pas outillées pour répondre à ces demandes de façon structurée, homogène et fiable. Chaque grand compte imposait ses propres questionnaires, créant une multiplication des formats et une charge administrative croissante. Le VSME est né pour mettre fin à cette fragmentation en proposant un langage commun.

Le besoin d'un reporting simplifié pour les PME

Avant le VSME, une PME qui souhaitait formaliser son reporting RSE n'avait le choix qu'entre des outils pensés pour les grandes entreprises — trop lourds — ou des démarches non normées, peu crédibles aux yeux des partenaires financiers et commerciaux.

Le VSME comble ce vide : il est proportionné aux capacités des PME dès sa conception. Environ 20 indicateurs se traduisent en ~60 datapoints, sans exiger d'analyse de double matérialité obligatoire, ni d'audit externe. Une première version du rapport peut être produite en une à deux semaines.

Bon à savoir : En France, selon l'INSEE, on comptait environ 159 000 PME (hors microentreprises) en 2021 dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers. Ce sont les principales structures ciblées par le VSME.

Harmoniser les demandes d'informations ESG des grandes entreprises

L'un des objectifs clés du VSME est de standardiser les demandes ESG adressées aux PME. Plutôt que de répondre à dix questionnaires différents selon les clients, une PME produit un seul rapport VSME qu'elle peut partager avec l'ensemble de ses parties prenantes.

Ce standard commun crée un langage partagé entre grandes entreprises et PME, facilite la comparabilité des données, et réduit la redondance des informations collectées. Pour les grandes entreprises soumises à la CSRD, cela simplifie également la collecte de données chaîne de valeur.

Réduire la charge administrative pour les petites structures

C'est l'un des principes fondateurs du VSME : ne pas alourdir les PME avec des obligations disproportionnées. Le standard ne requiert pas de stratégie RSE formalisée pour être complété — si l'entreprise en a une, elle peut l'inclure. Sinon, elle renseigne simplement les indicateurs disponibles.

Pas d'audit obligatoire. Pas de format imposé. Pas de score. Le rapport peut prendre la forme d'un document Word, d'une présentation PowerPoint ou être intégré dans n'importe quel autre support de communication. L'EFRAG propose également un template au format XBRL, plus lisible pour les investisseurs et analystes habitués à ce standard. L'essentiel est la transparence et la lisibilité des données.

Quelles entreprises sont concernées par la VSME ?

PME non cotées non soumises à la CSRD

La cible principale du VSME, ce sont les PME non cotées qui ne rentrent pas dans le périmètre de la CSRD. Ces entreprises n'ont aucune obligation légale de reporting de durabilité, mais font face à une pression croissante de la part de leurs clients, partenaires et partenaires financiers.

Pour elles, le VSME est une opportunité de structurer leur démarche RSE de façon volontaire, à leur rythme, avec un outil calibré à leur taille et à leurs ressources.

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Entreprises présentes dans la chaîne de valeur d'entreprises soumises à la CSRD

Les grandes entreprises soumises à la CSRD doivent inclure des informations sur leur chaîne de valeur dans leur rapport. Elles sollicitent donc leurs fournisseurs et sous-traitants — souvent des PME — pour obtenir des données ESG fiables et comparables.

Adopter le VSME permet à ces PME de répondre précisément à ces demandes avec un rapport structuré, reconnu et aligné sur les standards européens. C'est un avantage concurrentiel direct : certains donneurs d'ordre favorisent déjà les fournisseurs alignés sur des référentiels normés.

Startups et entreprises en croissance

Les startups et entreprises en forte croissance ont tout intérêt à intégrer le VSME tôt dans leur développement. D'abord parce que les attentes ESG de leurs investisseurs et clients vont croître avec leur taille. Ensuite, parce que le VSME pose les bases d'une démarche RSE solide sur laquelle il sera facile de bâtir des standards plus exigeants (EcoVadis, CSRD, B Corp, ISO 26000, etc.) le moment venu.

Commencer maintenant, c'est s'éviter un rattrapage douloureux plus tard — et transformer un sujet souvent perçu comme une contrainte en avantage stratégique.

Cas où les partenaires financiers demandent des données ESG

Les banques et investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs décisions de financement. La taxonomie européenne oriente les capitaux vers les entreprises les plus engagées. Un profil ESG crédible et structuré, traduit dans un rapport VSME, améliore la lisibilité de l'entreprise auprès de ces acteurs et peut orienter positivement les conditions d'accès aux financements.

Bon à savoir : Les premiers rapports VSME publiés proviennent principalement de France (12 %), d'Italie (9 %), d'Allemagne (9 %) et de Norvège (6 %). Les secteurs les plus représentés : le conseil (20 %), la comptabilité (11 %), les services professionnels et l'industrie manufacturière (9 % chacun). Le standard est encore jeune, mais son adoption s'accélère.

Structure du standard VSME : modules et informations demandées

Le VSME est organisé en deux modules progressifs, permettant à chaque entreprise d'adopter le niveau correspondant à sa maturité RSE.

Le module Basic : informations ESG essentielles

Le module Basic est le niveau d'entrée du VSME. Il repose sur 11 indicateurs couvrant la stratégie, l'environnement, le social et la gouvernance, traduits en environ 60 datapoints. Pas d'analyse de double matérialité exigée, pas de stratégie RSE requise — les informations disponibles suffisent pour démarrer. L'EFRAG recommande toutefois de réaliser une analyse de double matérialité dès ce niveau, même si elle reste facultative. Ce module peut être complété en 1 à 2 mois.

Informations générales sur l’entreprise

Le module Basic commence par une présentation de l'entreprise : son modèle économique, ses marchés, ses principaux partenaires commerciaux, ses types de produits et services, ainsi que ses certifications et labels RSE éventuels. C'est le socle contextuel qui donne du sens aux indicateurs qui suivent.

Indicateurs environnementaux principaux

Sur le volet environnemental, le module Basic couvre :

  • La consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre (Scope 1 et 2)
  • La pollution de l'air, de l'eau et des sols
  • Les impacts sur la biodiversité, notamment pour les activités proches d'écosystèmes sensibles
  • La gestion de l'eau
  • L'utilisation des ressources, l'économie circulaire et la gestion des déchets

Pour le calcul des émissions GES, le VSME recommande le référentiel GHG Protocol, ou alternativement la norme ISO 14064-1 selon le profil de l'entreprise.

Indicateurs sociaux essentiels

Sur le volet social, le module Basic intègre :

  • Les caractéristiques générales de la main-d'œuvre : effectifs, genre, composition
  • La santé et la sécurité au travail : accidents, incidents, taux de fréquence
  • La rémunération et la couverture des conventions collectives de travail
  • Les données sur la formation professionnelle
  • Les divulgations anti-corruption (conventions, amendes, condamnations)

Le module Comprehensive : reporting de durabilité plus avancé

Le module Comprehensive reprend l'intégralité du module Basic et y ajoute 9 exigences supplémentaires, pour un total de 80 indicateurs. Il est recommandé aux PME qui ont déjà une certaine maturité RSE et souhaitent structurer une véritable stratégie de durabilité. Sa réalisation prend généralement 2 à 3 mois.

Gouvernance et stratégie de durabilité

Le module Comprehensive introduit une exigence de transparence sur la gouvernance RSE : qui est en charge de la mise en œuvre des engagements pris sur chaque thématique ? Le rapport doit décrire la structure de responsabilité, les politiques et initiatives en place, ainsi que la stratégie de durabilité globale de l'entreprise.

L'analyse de double matérialité (DMA) n'est pas obligatoire dans le texte officiel, mais est vivement recommandée par l'EFRAG. Elle permet de prioriser les sujets vraiment matériels pour l'entreprise, de légitimer les choix de reporting, et de rendre le rapport encore plus crédible aux yeux des parties prenantes.

Données environnementales détaillées

Au-delà des indicateurs du module Basic, le module Comprehensive intègre des objectifs de réduction des émissions de GES (Scopes 1, 2 et significatifs en Scope 3) avec une année de référence, des actions de transition et un plan de transition climatique. Il inclut aussi une analyse des risques climatiques — physiques et de transition — avec une évaluation de la sensibilité des actifs et des impacts financiers potentiels.

Données sociales et RH

Le volet social est enrichi par des données sur les travailleurs indépendants et les intérimaires (pour les entreprises de 50 salariés et plus), ainsi que par des informations détaillées sur les droits humains : politiques en vigueur, codes de conduite, canaux de signalement et mécanismes de traitement des plaintes.

Gestion des risques et impacts

Le module Comprehensive prévoit la divulgation des incidents confirmés en matière de droits humains, des actions correctives menées et d'une prise de conscience des impacts dans la chaîne de valeur et les communautés locales. C'est le niveau qui se rapproche le plus des exigences de la CSRD tout en restant proportionné à la réalité d'une PME.

Quelles différences entre VSME, CSRD et ESRS ?

Ces trois acronymes circulent souvent ensemble, mais ils désignent des réalités bien distinctes. Voici comment les démêler.

CSRD : le cadre réglementaire européen

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est la directive européenne qui oblige certaines entreprises à publier un rapport de durabilité. Depuis son ajustement via Omnibus I — définitivement adopté par le Conseil de l'UE le 24 février 2026 — elle concerne environ 1 000 entreprises en Europe, essentiellement les grandes entreprises et les ETI de taille significative.

La CSRD définit qui doit reporter, selon quel calendrier et avec quel niveau de rigueur (audit obligatoire, analyse de double matérialité, rapport intégré dans le rapport de gestion, etc.).

ESRS : les normes obligatoires de reporting

Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) sont les normes techniques qui définissent le contenu du rapport de durabilité des entreprises soumises à la CSRD. Elles couvrent 12 standards thématiques — environnement, social, gouvernance — et représentaient plusieurs centaines de points de données (les entreprises de la vague 1 ont reporté sur 600 points de données en moyenne). Avec Omnibus, ce volume global a été réduit d'environ 61 % pour les données obligatoires, mais le reporting CSRD reste structurellement lourd.

C'est l'EFRAG qui a développé ces normes — le même organisme qui a créé le VSME.

VSME : un standard volontaire et simplifié

Le VSME n'est ni une directive, ni une norme obligatoire. C'est un standard de reporting volontaire, conçu pour les PME qui souhaitent s'engager dans une démarche ESG structurée sans être soumises aux exigences de la CSRD. Il évalue les mêmes thématiques que les ESRS, mais avec un niveau de détail bien inférieur. Aucune vérification tierce n'est exigée.

Principales simplifications pour les PME

Critère CSRD / ESRS VSME
Volume de datapoints 1140+ (réduit après Omnibus) ~60 (~10x moins)
Audit Obligatoire Non obligatoire
Double matérialité (DMA) Obligatoire Recommandée
Format du rapport Rapport de durabilité (format structuré) Libre (Word, PDF, PPT…), XBRL suggéré
Caractère Obligatoire Volontaire
Délai de mise en œuvre Plusieurs mois à plus d’un an 1 à 8 semaines selon le module
Cible Grandes entreprises et ETI PME non cotées
Coût du référentiel Gratuit (audit non compris) Gratuit

Comment mettre en place un reporting VSME dans une PME ?

La bonne nouvelle : la mise en œuvre du VSME est accessible, même sans équipe RSE dédiée. Voici comment procéder de façon méthodique.

Identifier les données ESG pertinentes

La première étape consiste à cartographier les données dont vous disposez déjà : factures d'énergie, données RH, politique achats, certifications existantes (ISO, EcoVadis, etc.). Dans la plupart des cas, une grande partie des informations nécessaires est déjà présente dans l'entreprise — elle n'est simplement pas centralisée.

Si vous avez déjà réalisé une évaluation EcoVadis, la transition vers le VSME est particulièrement fluide : les thématiques sont très proches, et la majorité des données peuvent être réutilisées directement.

Structurer la collecte des informations internes

Une fois l'inventaire réalisé, il s'agit d'organiser la collecte des données manquantes. Le VSME ne requiert pas de dispositif de collecte sophistiqué. L'essentiel est d'identifier les bons interlocuteurs internes — RH, DAF, responsable technique, achats — et de mettre en place un processus simple pour consolider les informations.

Il est conseillé de commencer par les indicateurs les plus accessibles (consommation d'électricité, effectifs, accidents du travail) avant d'aller chercher des données plus complexes comme les émissions Scope 2 ou les données sur la chaîne d'approvisionnement.

Mettre en place des indicateurs de suivi

L'un des grands apports du VSME, au-delà du rapport lui-même, est de poser les bases d'un suivi annuel de vos indicateurs ESG. Le premier rapport sert de référence (baseline) ; les années suivantes, l'entreprise mesure ses progrès, affine ses objectifs et démontre l'évolution de sa démarche.

Ce pilotage dans la durée transforme le reporting en outil de management — et non en simple exercice de communication ponctuel.

Formaliser un rapport de durabilité VSME

Une fois les données collectées, leur mise en forme est relativement rapide. Le VSME n'impose aucun format de rapport — il peut prendre la forme d'un document Word, d'un PDF, d'une présentation ou être intégré dans un document stratégique existant. L'EFRAG fournit un template Excel pour guider la structuration des réponses.

  • Module Basic : 1 à 2 mois du lancement à la finalisation du rapport
  • Module Comprehensive : 2 à 3 mois (nécessite de définir politiques, objectifs et initiatives)
  • DMA + Module Comprehensive : 6 à 8 mois pour une démarche complète
Bon à savoir : Avec une plateforme dédiée comme Ditto, la production d'une première version du rapport peut être ramenée à une semaine. L'IA collecte et structure automatiquement les données issues de vos documents existants, et pré-remplit jusqu'à 80 % des réponses — surtout si vous avez déjà travaillé sur EcoVadis, dont les thématiques sont très proches du VSME.

Quels sont les avantages du standard VSME pour les PME ?

Le VSME n'est pas un rapport de plus à produire. C'est un levier stratégique à part entière, avec des retombées concrètes sur votre activité.

Répondre aux demandes des grandes entreprises clientes

41 % des entreprises ayant adopté le VSME citent la réponse aux demandes commerciales de leurs donneurs d'ordre comme principal bénéfice. Un rapport VSME permet de répondre de façon structurée et crédible aux questionnaires RSE de vos clients, sans multiplier les formats et sans réinventer la roue à chaque sollicitation.

Dans les appels d'offres, les relations fournisseurs ou les due diligences ESG, disposer d'un rapport normé constitue un avantage différenciant réel : certains donneurs d'ordre favorisent déjà les fournisseurs alignés sur des référentiels reconnus, et un rapport structuré devient un argument commercial à part entière.

Faciliter l'accès aux financements durables

25 % des entreprises qui ont réalisé un rapport VSME mentionnent l'amélioration de leur accès au financement parmi les bénéfices clés. Les banques et investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs décisions. Un profil ESG lisible, structuré et fondé sur un standard reconnu améliore la crédibilité de l'entreprise et peut orienter positivement les conditions de financement.

La transparence devient un critère de sélection pour l'accès aux capitaux. Le Green Deal continue d'orienter les flux financiers vers les entreprises les plus engagées sur le plan de la durabilité.

Structurer sa stratégie ESG

Le VSME offre l'opportunité de rassembler tous vos indicateurs ESG dans un seul et même document — souvent pour la première fois. Ce socle de données devient la base sur laquelle définir des objectifs, prioriser des actions et structurer une feuille de route RSE réaliste et mesurable.

19 % des entreprises adoptant le VSME citent d'ailleurs l'amélioration de la structuration RSE interne comme bénéfice clé. Le VSME n'est pas seulement un outil de communication externe : c'est un outil de pilotage interne.

Améliorer la transparence et la crédibilité de l'entreprise

Un rapport VSME est public et partageable. Il envoie un signal clair à l'ensemble de vos parties prenantes — clients, investisseurs, salariés, collectivités — sur votre sérieux et votre engagement RSE. Il constitue un outil de communication crédible, fondé sur des indicateurs objectifs et comparables.

À l'heure où la RSE s'impose comme un critère de choix dans les relations commerciales et les recrutements, cette transparence n'est plus un "nice-to-have" : c'est un avantage concurrentiel tangible — voire un prérequis pour rester dans la course dans certains secteurs.

Questions fréquentes sur la VSME

La VSME est-elle obligatoire ?

Non. Le VSME est un standard entièrement volontaire. Aucune réglementation n'oblige une PME non cotée à s'y conformer. En revanche, les pressions commerciales — clients soumis à la CSRD qui sollicitent leurs fournisseurs — et les attentes des partenaires financiers peuvent rendre son adoption quasi incontournable dans certains secteurs.

À partir de quand la VSME peut-elle être utilisée ?

Le VSME est disponible et utilisable dès maintenant. Il n'y a pas de date limite imposée, ni de calendrier d'entrée en vigueur. Le rapport peut être produit à n'importe quel moment de l'année, sur une année de référence au choix. Le standard encourage une publication annuelle pour permettre le suivi des progrès d'une année sur l'autre.

Une PME peut-elle être obligée indirectement d'utiliser la VSME ?

Pas formellement. Mais en pratique, les grandes entreprises soumises à la CSRD peuvent demander à leurs fournisseurs PME des informations ESG structurées pour alimenter leur propre reporting chaîne de valeur. Le VSME, en tant que standard reconnu et aligné sur les ESRS, devient alors la réponse la plus logique et la plus efficace à ces demandes. C'est une contrainte indirecte qui se transforme en opportunité de structuration.

La VSME est-elle compatible avec la taxonomie européenne ?

Le VSME n'intègre pas directement les critères de la taxonomie européenne — qui concerne surtout l'éligibilité et l'alignement des activités économiques sur les objectifs climatiques de l'UE. Cependant, les données collectées dans le cadre du VSME (notamment sur les émissions GES, la gestion de l'eau, les déchets, la biodiversité) peuvent alimenter une démarche d'alignement taxonomique et faciliter les échanges avec les partenaires financiers qui s'y réfèrent.

La VSME peut-elle préparer une entreprise à la CSRD ?

Oui, et c'est l'un de ses atouts stratégiques majeurs. Le VSME couvre les mêmes thématiques que les ESRS de la CSRD, dans une version allégée. Les entreprises qui adoptent le VSME aujourd'hui se dotent d'un socle de données, de processus de collecte et de compétences internes qui leur permettront, le moment venu, d'évoluer vers la CSRD sans tout reconstruire de zéro.

C'est particulièrement vrai pour les entreprises en forte croissance qui pourraient franchir les seuils de la CSRD dans les prochaines années — et pour celles qui ont été sorties du périmètre par Omnibus mais souhaitent maintenir leur démarche RSE.

Que sont les normes volontaires de durabilité ?

Les normes volontaires de durabilité sont des référentiels de reporting ou de management RSE que les entreprises choisissent d'adopter librement, sans obligation légale. Parmi les plus connues : le GRI (Global Reporting Initiative), les lignes directrices de l'ISO 26000, les labels B Corp ou Lucie, ou encore EcoVadis.

Le VSME appartient à cette famille, avec une spécificité importante : publié par l'EFRAG — le même organisme qui a développé les ESRS de la CSRD — sa méthodologie est directement compatible avec le cadre réglementaire européen. Cette proximité institutionnelle lui confère une crédibilité supérieure à celle de beaucoup d'autres référentiels volontaires du marché.

VSME : ce qu'il faut retenir

Thématique Points clés
Définition Standard de reporting de durabilité volontaire pour les PME non cotées
Origine Développé par l’EFRAG, aligné sur les ESRS (CSRD), recommandé par la Commission européenne
Caractère 100 % volontaire (aucune obligation légale pour les PME non cotées)
Entreprises concernées PME non cotées, fournisseurs de groupes CSRD, startups en croissance, entreprises sollicitées par financeurs
Structure Deux modules : Basic (~60 datapoints) et Comprehensive (~80 indicateurs)
Délai de mise en œuvre 1–2 mois (Basic) ; 2–3 mois (Comprehensive) ; jusqu’à 6–8 mois avec DMA + démarche complète
Coût du référentiel 0 € (public et fourni gratuitement par l’EFRAG)
Bénéfices Répondre aux donneurs d’ordre, faciliter l’accès aux financements, structurer la démarche RSE, renforcer la crédibilité
Compatibilité Aligné avec CSRD/ESRS ; calcul GES recommandé via GHG Protocol ou ISO 14064-1
Audit Non requis (possible à titre volontaire)
Score Aucun (objectif : transparence et lisibilité ESG)
Lien avec la CSRD Prépare efficacement à une future obligation CSRD (mêmes thématiques, logique proche, référentiel européen)

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