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Méthode physique ou monétaire : choisir par poste d'émission, pas par entreprise

La méthode physique est plus juste, la méthode monétaire est disponible. Les bilans solides combinent les deux, délibérément. Comment trancher, poste par poste.

Résumer avec l'IALe ChatChatGPTClaude
Une femme pèse un carton sur une balance d'atelier, un porte-bloc posé à côté sur l'établi, rayonnages de stockage flous en arrière-plan
Sur cette page
  1. Ce que fait réellement chaque méthode
  2. Où chacune est le choix honnête
  3. Les bases derrière les facteurs
  4. Un cliquet, pas une religion
  5. Questions fréquentes

Négociez 10 % de remise sur votre acier et, dans un bilan bâti sur la dépense, vos émissions baissent de 10 %. Vous avez acheté la même tonne, chez le même fournisseur, produite de la même façon.

Cette arithmétique est tout le sujet. Derrière chaque bilan carbone se tient une multiplication répétée quelques centaines de fois, donnée d'activité par facteur d'émission, et la seule vraie question est la nature de la donnée d'activité que vous lui donnez. En faire une décision d'entreprise est l'erreur classique de la première année. C'est une décision poste par poste, et les bilans qui méritent d'être lus combinent les deux méthodes délibérément.

Ce que fait réellement chaque méthode

La méthode physique part d'une quantité : litres de gazole, kilowattheures d'électricité, tonnes-kilomètres de fret, kilogrammes d'aluminium. Chaque quantité est multipliée par un facteur d'émission physique, les kilogrammes de CO2-équivalent par unité, tiré d'une base reconnue.

La méthode monétaire part d'une dépense : euros de prestations informatiques, euros de mobilier de bureau, euros d'usinage sous-traité. Chaque montant est multiplié par un facteur monétaire, les kilogrammes de CO2-équivalent par euro dépensé dans cette catégorie, dérivé des statistiques économiques nationales.

La méthode physique décrit donc ce que vous avez réellement consommé, et la méthode monétaire ce qu'a consommé un euro moyen de cette catégorie à l'échelle de l'économie. Tous les arbitrages entre les deux découlent de cette seule différence.

Où chacune est le choix honnête

Physique, partout où une quantité existe. Énergie, carburant de flotte, fluides frigorigènes, fret, déchets, eau, et toute matière achetée au poids ou au volume. La donnée est dans les factures et les relevés, les facteurs sont bien établis, et le résultat réagit aux vrais changements : basculez une liaison de la route au rail et le chiffre bouge.

Monétaire, là où seule la dépense existe. Services, informatique, marketing, assurances, contrats de maintenance, et la longue traîne d'achats trop divers pour être pesés. L'export comptable est la seule source complète dont vous disposez pour eux, et une estimation monétaire les couvre tous d'un coup, ce qui vaut beaucoup en année une.

La faiblesse mérite d'être dite franchement, au-delà de l'exemple de la remise. Achetez le même acier chez un producteur bas-carbone et la ligne monétaire ne bouge pas. L'inflation la pousse dans le mauvais sens sans que rien de physique ne change. Un bilan entièrement bâti sur des facteurs monétaires est une analyse de dépenses déguisée en carbone, et il affichera des progrès les années où vos acheteurs négocient bien, des reculs les années où ils négocient mal.

Bon à savoir : les deux méthodes ne se trompent pas de la même façon. Les erreurs physiques sont en général petites et traçables : un site oublié, une confusion d'unité. Les erreurs monétaires sont structurelles : le facteur est une moyenne d'économie entière qui peut décrire très mal votre fournisseur, dans un sens comme dans l'autre. Traitez les lignes monétaires comme des estimations à larges barres d'erreur, et écrivez-le dans le rapport plutôt que de laisser un total d'apparence précise suggérer le contraire.

Les bases derrière les facteurs

Un facteur ne vaut que sa source, et les sources à nommer sont peu nombreuses.

  • La Base Empreinte (ADEME) est la référence publique française, née de la fusion de la Base Carbone et de la Base IMPACTS. Elle porte des facteurs physiques et monétaires, adaptés au mix énergétique français.
  • Ecoinvent est la base internationale d'inventaires de cycle de vie, le choix habituel quand votre chaîne d'approvisionnement traverse les frontières et que les moyennes françaises cessent d'être représentatives.
  • Agribalyse (ADEME) couvre les produits alimentaires et agricoles, indispensable dès qu'il y a une cantine ou une filière agroalimentaire.

Quel que soit l'outil ou le cabinet, demandez de quelle base vient chaque facteur et de quelle année il date. Les facteurs sont révisés à mesure que les mix énergétiques évoluent : un bilan calculé sur des facteurs périmés dérive sans que personne n'ait touché aux données.

Un cliquet, pas une religion

La règle tient en une phrase : de la donnée physique partout où une quantité existe, des facteurs monétaires pour le reste, et chaque année la conversion de vos plus grosses lignes monétaires en données physiques ou fournisseurs.

C'est cette dernière clause qui fait le travail. Classez vos lignes monétaires par taille, prenez les deux ou trois premières, et demandez quelle quantité les remplacerait : les tonnages de vos principaux fournisseurs de matière, le nombre réel de serveurs chez votre prestataire, les tonnes-kilomètres réelles de votre transitaire. L'article compagnon sur l'obtention des données carbone auprès des services dit où ces documents se trouvent.

Planifiez donc la conversion avant de publier, et nommez dans le rapport de cette année les deux lignes de l'an prochain. Le sens de marche est unique : chaque ligne passée du monétaire au physique rend le bilan plus sensible aux décisions réelles, ce qui est tout l'objet de la mesure. Un chiffre incapable de bouger quand vous vous améliorez ne mesure pas votre amélioration.

FAQ

Quelle est la différence entre méthode physique et méthode monétaire en comptabilité carbone ?

La méthode physique multiplie des quantités consommées (litres, kWh, tonnes, kilomètres) par un facteur d'émission par unité. La méthode monétaire multiplie une dépense par un facteur moyen par euro pour cette catégorie. La donnée physique reflète ce que vous avez réellement consommé ; le facteur monétaire reflète la moyenne de l'économie pour ce type de dépense.

Pourquoi ne pas faire tout le bilan avec des facteurs monétaires ?

Parce qu'une ligne monétaire ne réagit qu'à la dépense, pas à ce que vous achetez. Choisir un fournisseur bas-carbone ne change rien au résultat, une remise fait baisser les émissions déclarées sans baisser les émissions réelles, et l'inflation les fait monter. Les facteurs monétaires sont légitimes pour la longue traîne d'achats divers, mais les grosses lignes méritent des données physiques ou fournisseurs.

Quelles bases de facteurs d'émission utiliser pour une entreprise française ?

La Base Empreinte de l'ADEME est la référence publique française, issue de la fusion de la Base Carbone et de la Base IMPACTS. Ecoinvent est le complément habituel pour les chaînes d'approvisionnement internationales, et Agribalyse couvre l'alimentaire et l'agricole. Notez toujours la base et l'année de mise à jour de chaque facteur.

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