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Lire une scorecard EcoVadis sans deviner
Votre scorecard dit où sont partis les points, à condition de la lire par thème et par pondération plutôt que par score global. Mode d'emploi, et par quoi commencer.

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Deux entreprises obtiennent 58. L'une a un problème d'environnement, l'autre un problème d'achats responsables, et leurs plans d'action n'ont rien en commun.
C'est à cela que sert d'abord une scorecard, et le chiffre global le masque. Une évaluation EcoVadis n'est pas une note sur votre entreprise ; c'est l'évaluation du système de management que vous avez su documenter, sur quatre thèmes : Environnement, Social et droits humains, Éthique, Achats responsables. Lue comme un diagnostic, elle dit quoi faire ensuite. Lue comme une note, elle ne dit à peu près rien.
Lire les quatre thèmes, puis les trois dimensions
Oubliez un instant le chiffre de couverture et regardez les scores par thème. Le score global les pondère selon votre secteur, votre taille et votre pays, ce qui explique que la même amélioration vaille davantage à certaines entreprises qu'à d'autres, et que comparer son total à celui d'un confrère n'ait quasiment aucun sens.
Regardez ensuite comment chaque thème est évalué, car chacun est noté sur trois dimensions :
- Politiques. Existe-t-il un engagement formel, daté, validé sur le sujet ?
- Actions. Des mesures sont-elles réellement en place, décrites assez concrètement pour être vérifiables ?
- Résultats. Publiez-vous des indicateurs, chiffrés, dans la durée ?
La plupart des ETI s'en sortent correctement sur les politiques, inégalement sur les actions, et mal sur les résultats. Vérifiez ce schéma sur votre propre scorecard, car c'est là où il casse que doit aller l'effort.
Bon à savoir : une activité qui existe sans être documentée n'est pas notée. Ce n'est pas un détail de procédure. L'évaluation porte sur ce qu'un tiers pourrait vérifier, c'est-à-dire exactement ce que vos clients cherchent quand ils réclament la scorecard.
Trois questions par axe d'amélioration
La scorecard classe les axes d'amélioration par priorité, et ce classement intègre déjà la pondération, ce qui en fait la partie la plus utile du document et celle qu'on survole le plus.
Prenez chaque point dans l'ordre et posez trois questions :
- La chose existe-t-elle ? Sinon, c'est une décision de programme, pas une tâche de documentation.
- Est-elle écrite, datée, validée ? Si elle existe mais vit dans la tête de quelqu'un ou dans une présentation d'il y a deux ans, c'est une tâche de documentation, et c'est le point le moins cher à récupérer.
- La mesurons-nous ? Une politique avec une action mais sans indicateur plafonne ce que le thème peut obtenir, quelle que soit la qualité de la pratique.
L'écart n'est presque jamais entre ce qu'une entreprise fait et ce que les bonnes pratiques exigent. Il est entre ce qu'elle fait et ce qu'elle sait montrer.
Ce qui manque le plus souvent
Des documents non datés. Une politique sans date ni signature ne peut pas être située dans le temps, et un évaluateur ne peut pas savoir si elle est à jour.
Des documents groupe utilisés pour une filiale. Si l'entité évaluée est une filiale, une politique de maison mère qui ne la nomme jamais est une preuve faible.
Des actions sans périmètre. « Nous formons nos salariés à l'éthique » soulève trois questions : lesquels, à quelle fréquence, combien ont terminé. Un taux de formation avec son dénominateur répond aux trois d'un coup.
Des résultats à un seul point. Une année montre qu'une mesure existe. Deux ou trois années montrent une trajectoire, ce que la dimension résultats cherche précisément.
Un ordre de travail réaliste
Coupez les axes d'amélioration en deux : ceux qui demandent une décision, ceux qui demandent un document. Faites les documents d'abord, parce qu'ils vont vite et libèrent de l'attention pour le reste. Prenez ensuite les décisions, chacune avec une date, et consignez-les comme des engagements avec des responsables.
Visez donc la preuve plutôt que les initiatives pour le prochain cycle. Ce qui fait le plus sûrement bouger un score entre deux évaluations n'est pas un nouveau programme, c'est la transformation d'une pratique existante en preuve datée, cadrée et mesurée, plus la deuxième année de données sur des indicateurs que vous collectez déjà. Cela ne garantit aucune médaille, les notations dépendant de la méthodologie en vigueur et du mouvement de vos pairs, mais cela vous évite de perdre des points sur du travail déjà fait.


